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FAQ

Par rapport aux autres sources d'énergies renouvelables, quel est l'intérêt de l'éolien offshore ?

L'énergie éolienne est la plus mature des nouvelles énergies renouvelables. Installées en mer, les éoliennes bénéficient de vents plus forts et plus réguliers qu'à terre, et leurs zones d'implantations peuvent être plus vastes. En revanche, le milieu maritime a des contraintes environnementales spécifiques à prendre en compte. Et les différents usages qui sont faits de la mer doivent être intégrés dans les études quand on envisage la création d'un parc éolien offshore.

 

Faudra-t-il construire des pylônes électriques pour amener l'électricité depuis le parc des Deux Côtes jusqu'à la côte ?

Non. L'électricité sera acheminée via des câbles enfouis (ensouillés) au fond de la mer. La tension du courant a été choisie pour ne créer aucun champ magnétique perturbant l'utilisation des appareils de pêche ou déroutant les poissons et les mammifères marins.

 

Quelle est la durée de vie du parc éolien ?

Le parc éolien est conçu pour durer 30 ans, soit la durée de la concession qui donne le droit d'occuper le fond de la mer. Les fondations sont conçues pour supporter des évènements naturels extrêmes. Elles ont une durée de vie bien supérieure, entre 50 et 100 ans, et bénéficient de l'expérience en la matière de l'offshore pétrolier et gazier. Réglementairement, il est prévu que le parc pourra être déconstruit par le développeur au bout de 30 ans d'utilisation si l'on ne souhaite plus faire appel à cette production. Cela s'inscrit aussi dans la notion de développement durable.

 

Que se passera-t-il si on ne veut plus utiliser les éoliennes des Deux Côtes ?

La Compagnie du Vent démontera alors toutes les éoliennes. Les exploitants de parcs éoliens sont tenus par les lois du 3 janvier 2003, du 2 juillet 2003 et du 13 juillet 2005 de mettre en provision le coût du démantèlement. Démonter un parc éolien est une opération relativement simple, tout comme sa construction, car les éléments des éoliennes sont peu nombreux : éoliennes, fondations, câbles et transformateurs. Les éléments constituant un parc éolien sont majoritairement composés d'acier et de cuivre, matières qui sont valorisables et dont la revente couvre une bonne partie des frais de démantèlement.

 

En cas de panne ou de conditions de vent défavorables, les communes proches du parc des Deux Côtes ne risquent-elles pas de pâtir du manque d'électricité ?

Non, car les productions de toutes les centrales de production d'électricité – nucléaires, thermiques, photovoltaïques, éoliennes, hydrauliques – sur le territoire français sont reliées entre elles par le réseau de transport d'électricité (RTE). En cas de baisse de production d'une centrale, les autres compensent. De la même façon, quand les éoliennes tournent, ce sont les centrales thermiques qui sont moins sollicitées, ce qui permet d‘éviter des émissions de CO2. Et pour ce qui est des éoliennes, le vent souffle toujours quelque part en France...

 

Comment les éoliennes seront-elles signalées à la navigation ?

Le parc des Deux Côtes sera balisé de manière à assurer la sécurité aérienne et maritime. Le balisage maritime n'a pas besoin d'être en altitude, ni d'être visible à très grande distance, sa visibilité sera donc réduite, voire inexistante en fonction de la variante choisie, depuis la côte (la rotondité de la terre limitera également cette visibilité). Il n'y a donc pas de risque d'avoir un "arbre de Noël" au large. Pour les usagers de la mer, le spot d'une éolienne sur un écran radar sera équivalent à celui d'un grand voilier et les cartes marines seront modifiées en conséquence.

 

Le parc représentera-t-il un danger pour le trafic maritime ?

Non. La compatibilité du projet avec la surveillance maritime sera étudiée avec les services compétents. Au besoin, l'installation d'un radar de complément situé "derrière" le parc éolien est une solution envisageable si nécessaire. Afin de s'assurer de la compatibilité des parcs éoliens en mer avec la navigation maritime, les gardes-côtes britanniques ont réalisé différentes études sur un parc en fonctionnement. Le résultat de ces études montre que l'effet des éoliennes en mer sur les radars maritimes, les dispositifs de communication ou les instruments de navigation n'est pas de nature à compromettre de manière significative la sécurité de la navigation maritime. D'autre part, la variante préférentielle "Large" du projet de La Compagnie du Vent serait située à plus de 30 km du rail maritime de la Manche.

 

Pourra-t-on naviguer dans le parc éolien ?

Il n'y a pas de réglementation particulière sur la navigation de plaisance dans un parc éolien en mer. Néanmoins, l'étude des réglementations en vigueur chez nos voisins européens montre que la navigation de plaisance est autorisée, sauf à proximité directe des éoliennes, "l'accostage" et la montée sur l'éolienne étant interdits. Il y a donc de grandes chances qu'il en soit de même en France, mais la décision reste du ressort des autorités compétentes. La Compagnie du Vent milite activement dans le sens d'une telle autorisation. Quant à la navigation des navires de commerce et des ferrys, elle sera interdite à l'intérieur du parc éolien. Pour la pratique de la pêche, l'activité de chalutage sera interdite à l'intérieur du parc éolien mais restera possible tout autour du parc. Les autres prescriptions relatives à la pêche professionnelle restent, là aussi, du ressort des autorités compétentes et ne sont pas connues à ce jour mais il n'y a pas d'incompatibilité entre la pratique de la pêche aux arts dormants (filets, trémails, casiers…) au sein d'un parc éolien. Les prescriptions relatives à la pêche de loisir seront a priori les mêmes que celles imposés à la navigation de plaisance.

 

Les caractéristiques techniques et physiques du parc des Deux Côtes, telles qu'elles sont présentées en débat public, sont-elles définitives ?

Le projet des Deux Côtes n'est pas bouclé. En effet, le compte rendu du débat public peut révéler des modifications à apporter. Il en va de même des études que La Compagnie du Vent continue de faire réaliser pour préciser la faisabilité du projet.

 

Quand le débat public va-t-il commencer ? Qui pourra y participer ?

La Commission nationale du débat public (CNDP), organisme indépendant, garantit la concertation sous la forme qui lui semble la plus adaptée. Elle a été saisie par La Compagnie du Vent en août 2009 ; et elle a décidé d'organiser le débat public du projet des Deux Côtes du 28 avril au 10 septembre 2010, avec une suspension du 13 au 30 août. 12 réunions publiques auront lieu de Dieppe à Saint-Valéry-sur-Somme. Pour plus de détails, voir http://www.debatpublic-eolien-en-mer.org.

Tout le monde pourra participer au débat.

 

Les élus et les acteurs locaux ont-ils été consultés par le développeur ?

Le projet fait l'objet d'une large action d'information et de concertation auprès de l'administration, des élus et des acteurs locaux depuis 2005. Outre les ministères concernés, les préfets de Régions Picardie et Haute-Normandie ont été consultés. La Compagnie du Vent a également rencontré les maires et les présidents de toutes les communes et intercommunalités directement intéressées, des représentants des Régions Picardie et Haute-Normandie, ainsi que des départements de la Somme et de la Seine-Maritime. Les représentants des plaisanciers, des professionnels de la pêche de Nord-Pas-de-Calais, de Picardie et de Haute-Normandie ont été impliqués. Ces différentes rencontres ont permis de dégager un consensus quant à la nécessité d'étudier plus en détail ce projet. Ainsi, les responsables économiques et environnementaux concernées se sont engagées sur cette voie. Les services économie et environnement des collectivités et chambres consulaires se sont montrés très intéressés par le potentiel d'emplois associés au projet ainsi qu'à sa contribution à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. D'autre part, les associations environnementales ont été associées à un bon nombre d'études menées en milieu maritime, préalables à la réalisation de l'étude d'impact environnemental, et se montrent très intéressées par leurs résultats.

Enfin, La Compagnie du Vent a entamé des discussions avec les chasseurs locaux et a fait de même avec les professionnels du tourisme.

 

A quelles autorités ou organismes le projet doit-il être soumis ?

Un grand nombre de procédures règlementaires doivent être respectées dès lors qu'on entreprend la construction d'un projet éolien en France. Leur installation est soumise à une des législations les plus strictes en Europe. Cette règle s'applique également à l'éolien en mer et donc au projet des Deux Côtes. Les différentes étapes :

Tout d'abord, une étude d'impact est réalisée par un bureau d'études indépendant. Celle-ci conduit au dépôt d'une demande d'occupation du domaine public maritime (DPM) en dehors des ports, auprès des Services maritimes du ou des départements concernés. Lorsque la demande intéresse plusieurs départements (c'est le cas pour le parc des Deux Côtes, qui concerne à la fois la Somme et la Seine-Maritime), le ministre chargé de la Mer désigne un préfet afin d'en coordonner l'instruction et la publicité. Dans ce cadre, une commission nautique se réunit pour fournir un avis consultatif sur le plan de la navigation maritime. En parallèle, le président du tribunal administratif désigne un commissaire enquêteur, chargé de réaliser une enquête publique portant sur deux volets : la demande de concession et la loi sur l'eau.

A l'issue de ces procédures administratives, le préfet autorise ou non, et suivant l'avis du préfet maritime ainsi que de nombreux services de l'Etat, l'octroi de la concession.

Notons qu'à l'heure actuelle, l'obtention d'un permis de construire (soumis à étude d'impacts et enquête publique) est également nécessaire, ainsi que la définition d'une Zone de Développement Eolien par les communes ou collectivités territoriales compétentes. Ces deux procédures, non adaptées au milieu marin, devraient prochainement être revues. L'étude du dossier est un long processus itératif destiné à explorer tous les aspects en jeu avant l'implantation, qu'ils soient humains, environnementaux, économiques, techniques, réglementaires, ou autres. L'enquête publique en est la dernière étape. La législation est en cours d'évolution et devrait s'adapter pour permettre un déploiement industriel de l'éolien en mer en cohérence avec les objectifs européens et l'engagement du Grenelle de l'Environnement.