
Le choix du lieu d'implantation d'un parc éolien est extrêmement complexe. En mer, les principaux critères sont les suivants :
- Un potentiel éolien important et une faible profondeur d'eau (généralement 25 à 30 mètres au maximum),
- Un sous-sol de qualité pour l'ancrage des fondations,
- La proximité du réseau électrique national. Elle est essentielle à l'acheminement de l'énergie produite, l'extension du réseau haute-tension étant délicate, très coûteuse et longue à réaliser, a fortiori en zone littorale.
- Une localisation peu ou moyennement exposée à de forts courants ou de fortes houles,
- Une distance respectable de la côte pour l'aspect paysager.
La France dispose de larges façades maritimes bien ventées. L'éolien offshore étant plus coûteux que l'éolien terrestre les zones les plus ventées sont visées en priorité. La façade atlantique, au sud de La Rochelle, et la façade méditerranéenne, à l'est de Marseille, ont donc été éliminées.
L'existence d'un potentiel éolien suffisant n'est pas le seul critère d'implantation. La mer Méditerranée ou la façade maritime bretonne sont des zones propices en termes de potentiel éolien mais présentent un plateau continental descendant très vite en profondeur. S'éloigner des côtes est très difficile et les contraintes environnementales, réglementaires et touristiques nombreuses. La façade atlantique dispose de très peu de possibilités de raccordement, nécessitant d'envisager la création de nouvelles lignes électriques. Le potentiel éolien y est moindre et son exposition directe aux vagues en provenance de l'océan impose d'importantes contraintes pour les fondations.
La Manche offre la situation la plus favorable. L'étude détaillée de la zone a permis de retenir un secteur particulièrement propice au développement de l'éolien en mer, au large de la Picardie et de la Haute-Normandie. Cette zone présente un potentiel éolien de qualité, des profondeurs d'eau assez faibles, même à bonne distance de la côte, tout en restant éloignée des grandes voies maritimes. De plus, le réseau électrique du bord de mer offre une importante capacité d'accueil. La réunion de ces caractéristiques permettra une optimisation de la production électrique : d'après les simulations, les éoliennes des Deux Côtes produiront de l'électricité durant plus de 93% du temps.
Toutefois, les contraintes environnementales et notamment d'usage de la mer, existent. Elles ont été prises en compte par La Compagnie du Vent, qui dialogue avec les comités régionaux des pêches depuis le début de l'étude du projet, et leur propose des mesures d'accompagnement globales. Des démarches de concertations ont également été entreprises auprès d'associations locales, de représentants des plaisanciers, et d'autres acteurs de la région.
Le projet présente une taille importante. En effet, un grand parc regroupe les éoliennes au lieu de les disperser. De plus, la dimension industrielle du parc renforce sa viabilité économique à long terme et amplifie les mesures d'accompagnement favorables au développement économique et à l'emploi. Enfin, sa dimension en fait une contribution significative aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de diversification des ressources énergétiques. Pour les mêmes raisons, La Compagnie du Vent a choisi des éoliennes de forte puissance, afin d'en limiter le nombre.