
La Compagnie du Vent a étudié différents scénarios pour l'implantation du Parc éolien des Deux Côtes. Elle a retenu un projet privilégié, le projet "Large", et deux variantes , "Littoral" et "Grand Large". La Commission particulière du débat public (CPDP) va examiner ce projet avec ses variantes et animer le débat avec les acteurs locaux concernés du 28 avril au 10 septembre 2010, en toute impartialité. Elle publiera un compte rendu du débat public à l'automne 2010, La Compagnie du Vent disposera alors de trois mois pour faire part de sa décision : suspendre le projet, valider un scénario ou le réaménager.
Ce projet, privilégié par La Compagnie du Vent, se situerait à plus de 14 km de la côte dans une zone de 15 à 20 mètres de profondeur. Sa puissance serait de 700 mégawatts, pour un total de 140 éoliennes. Il ne nécessiterait pas de renforcement ni d'extension du réseau électrique existant. Ce projet produirait l'équivalent de la consommation électrique d'environ 900 000 personnes, évitant l'émission de près de 2 millions de tonnes de CO2 par an. Les mobilisations et créations d'emplois seraient importantes (jusqu'à 2 000) et la taille du projet suffisante pour permettre des retombées locales conséquentes et contribuer à l'émergence d'une filière nationale de l'éolien en mer.
Ce projet privilégié constitue la solution intermédiaire, tant par ses caractéristiques que par ses performances environnementales, sociale et économique.
Dans cette variante, le parc se situerait à plus de 5 km de la côte, dans une zone de faible profondeur d'eau (moins de 10 m). 60 éoliennes, pour une puissance totale de 300 mégawatts, produiraient l'équivalent de la consommation électrique d'environ 400 000 personnes et éviteraient ainsi l'émission de 800 000 tonnes de CO2 chaque année. Sa localisation en bordure d'une zone destinée a la petite pêche côtière, peu, voire pas chalutée, limiterait l'impact des éoliennes sur cette activité de pêche. Cette variante serait à la fois la plus proche des côtes, donc la plus visible, et la moins créatrice d'emplois locaux directs (jusqu'à 1 400), du fait de la taille réduite du parc, celle-ci n'étant pas significative pour la participation à la création d'une filière de l'éolien en mer.
A 25 Km de la côte, par des profondeurs d'eau importantes (20 à 35 mètres), cette variante serait nettement plus coûteuse. Pour en assurer la rentabilité, elle doit être plus puissante : 1 600 mégawatts pour 320 éoliennes. Cette variante produirait, chaque année, l'équivalent de la consommation électrique de tous les habitants de la Haute-Normandie ou de la Picardie, évitant l'émission annuelle de 4,3 millions de tonnes de CO2. Comme le projet "Large", cette variante serait fortement créatrice d'emplois (jusqu'à 2 200). Néanmoins, son grand éloignement justifierait la construction de plate-formes de vie en mer limitant les retombées économiques à terre. De plus, sa performance environnementale pâtit de sa proximité du rail de navigation de la Manche et des risques induits sur la sécurité des navires.
Pour le projet privilégié ou ses deux variantes, la nacelle des éoliennes culminerait à environ 87 mètres au dessus du niveau de la mer. Les aérogénérateurs envisagés possèdent une génératrice entraînée par un rotor équipé de trois pales de 63 mètres de long. La vitesse de rotation des pales est très lente, ce qui limite le bruit. Les fondations seront posées ou enfouies dans le sous-sol marin et dépasseront de 10 mètres environ au dessus du niveau de la mer. Une pièce de transition sera installée sur chaque fondation équipée d'une plate-forme avec garde-corps et du dispositif d'appontage. C'est sur cette pièce que viendra se fixer l'éolienne.

L'électricité produite par les éoliennes sera collectée et élevée à un niveau de tension intermédiaire par des postes électriques de transformation situés en mer, à l'intérieur du parc éolien. Cette opération permettra de réduire fortement les pertes électriques et le nombre de câbles ramenant l'énergie produite à terre. Ces derniers seront ensouillés (enterrés) dans le sous-sol marin. Une fois le trait de côte passé, des câbles électriques terrestres enterrés leur succèderont et achemineront le courant jusqu'au poste électrique existant au niveau de la centrale électrique de Penly, à proximité du bord de mer. Une dernière transformation ajustera le niveau de tension à celui du réseau de transport d'électricité. L'énergie produite par les éoliennes pourra ensuite être injectée sur le réseau électrique national sans création de nouvelles lignes électriques terrestres, à part dans le cas de la variante « Grand Large ».

En fonction du scénario retenu, les retombées économiques sur l'emploi, l'activité et les taxes spécifiques à l'éolien en mer seront variables mais, de toutes façons positives. Si l'on retient le projet privilégié "Large", entre 1 600 et 1 900 emplois seraient nécessaires durant la construction, soit 3 à 4 ans; et au moins 150 emplois locaux seraient créés au niveau des ports du Tréport et de Dieppe pendant 30 ans pour la maintenance des installations. La construction et la maintenance du parc feront largement appel aux installations portuaires et aux compétences maritimes existantes.
Dans la variante "Littoral" et le projet privilégié "Large", le parc éolien des Deux Côtes générera une taxe spécifique à l'éolien en mer (8,5 millions d'euros par an pour le projet privilégié). Cette taxe, dont le statut est indépendant de la taxe professionnelle, sera répartie entre les communes concernées et un fond départemental pour les activités maritimes de pêche et de plaisance. A noter que la variante « Grand large » ne générera aucune taxe locale du fait des critères pris en compte pour son calcul, définis dans le décret n°2008-851 du 26 août 2008.
A l'issue de nombreuses procédures administratives qui vérifieront la compatibilité de l'installation avec les exigences en matière de sécurité maritime et de préservation de l'environnement, les travaux pourraient débuter en 2012 pour une mise en service en 2015.
A la différence de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne ou du Danemark, la France ne possède pas de parc éolien en mer. Et pourtant, les potentialités de notre pays sont énormes dans ce domaine, puisque la France bénéficie du 2e gisement éolien d'Europe, et d'une des plus longues façades maritimes d'Europe. Le projet de La Compagnie du Vent est donc novateur et se veut exemplaire.
De plus, bénéficiant des résultats d'études techniques, environnementales et contextuelles accumulés depuis 2005, La Compagnie du Vent, maître d'ouvrage, a estimé que le moment était venu de saisir la Commission nationale du débat public (CNDP). Cette commission indépendante a décidé d'organiser un débat public sur ce projet, et a nommé une Commission particulière du débat public qui va organiser et animer le débat se déroulant du 28 avril au 10 septembre 2010.